Profession de foi

J’ai aujourd’hui le plaisir et l’honneur de me présenter à vous pour incarner une 11e circonscription des Français établis à l’étranger, pionnière et résolument attachée à contribuer et à améliorer la France et l’Europe.

Qui suis-je ? Une Citoyenne. Une enfant de la République vieillissante, frustrée de voir ses rêves et ambitions d’évoluer dans une société ouverte et innovante réprimés par la tyrannie de la réalité. Comme nombre d’entre vous, je suis déçue à répétition par la déconnexion de nos représentants d’avec nos quotidiens, leur mépris envers nos demandes de renouvellement des institutions ; blessée par leur incivilité. Comme nombre d’entre vous, j’ai quitté la métropole pour laisser derrière moi les discours aigris, curieuse d’autres modèles, aspirant à d’autres manières de faire société.

Mais jusqu’au Vietnam, où je vis depuis plus de deux ans, la médiocrité des dernières élections présidentielles ou de la campagne en cours pour les législatives me rattrape : l’ancrage local, l’esprit de renouveau, l’investissement acharné et la dévotion à comprendre les territoires et leurs habitants ne résistent pas à la hiérarchie puissante des partis traditionnels – qu’ils soient anciens ou nouveaux. Pourtant, cette fois, l’actualité fait plus que me rattraper ; elle m’appelle à m’engager.

 

La politique ne nous convient plus ? Hackons la politique.

 

A partir d’ici et d’aujourd’hui, je veux vous offrir une alternative – car il y en a. Un changement – un vrai, cette fois. Radical, à la hauteur des enjeux sociaux, environnementaux, économiques et culturels qui nous attendent ; à la hauteur d’un futur prometteur – pour tous. Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre plus longtemps : les modèles économiques et politiques hérités d’une époque dépassée sont incapables de fournir des réponses adaptées et durables à la mécanisation du travail (l’arrivée de l’intelligence artificielle), à la digitalisation sociétale, ou encore à la nécessité de renouer avec la nature.

 

Au cœur de cette alternative, une éthique : l’écologie de vie ; une philosophie : la confiance en notre capacité d’innovation. Je veux une France portée vers l’avenir, porteuse de promesses de futurs justes et durables. Une France à l’image de celle que nous vivons et représentons, nous, Français d’Asie et d’Océanie, qui profitons du dynamisme de la région la plus développée au monde pour construire notre futur.

 

Ainsi, députée, je défendrai une radicalité de fond comme de forme.

De fond, en m’engageant à agir pour une société plus juste avec un soutien aux projets de fiscalité progressistes, de réduction du temps de travail, de rééquilibrage des territoires.

Dans notre circonscription, je militerai en faveur d’un « softpower écologique » français pour soutenir associations et entreprises investies localement dans des initiatives à forte valeur ajoutée écologique.

De forme, car je soutiendrai toutes les propositions de loi allant vers une refonte de nos institutions, tandis qu’ici, dans notre circonscription, je mettrai en place des outils simples et efficaces pour permettre le débat citoyen (chat-room hebdomadaires, consultations en ligne pour des propositions de lois, etc.).

Humilité, rigueur et optimisme guideront mes pas pour porter vos voix jusqu’en France et en Europe et contribuer à les faire avancer. Cette France nouvelle, écologiste, progressiste se fera avec et pour vous.

 

Myriem Alnet

 


 

A titre conclusif, j’aimerais partager avec vous ce texte d’Ariane Mnouchkine dont la relecture ces dernières semaines m’a beaucoup inspirée et encouragée à me présenter à vous :

“Il faut fuir l’incrédulité ricanante, enflée de sa propre importance, fuir les triomphants prophètes de l’échec inévitable, fuir les pleureurs et vestales d’un passé avorté à jamais et barrant tout futur.
Une fois réussie cette difficile évasion, je nous souhaite un chantier, un chantier colossal, pharaonique, himalayesque, inouï, surhumain parce que justement totalement humain. Le chantier des chantiers.
Ce chantier sur la palissade duquel, dès les élections passées, nos élus s’empressent d’apposer l’écriteau : “Chantier Interdit Au Public“
Je crois que j’ose parler de la démocratie.
Etre consultés de temps à autre ne suffit plus. Plus du tout. Déclarons-nous, tous, responsables de tout.
Entrons sur ce chantier. Pas besoin de violence. De cris, de rage. Pas besoin d’hostilité. Juste besoin de confiance. De regards. D’écoute. De constance.
L’Etat, en l’occurrence, c’est nous.
Ouvrons des laboratoires, ou rejoignons ceux, innombrables déjà, où, à tant de questions et de problèmes, des femmes et des hommes trouvent des réponses, imaginent et proposent des solutions qui ne demandent qu’à être expérimentées et mises en pratique, avec audace et prudence, avec confiance et exigence.
Ajoutons partout, à celles qui existent déjà, des petites zones libres.
Oui, de ces petits exemples courageux qui incitent au courage créatif.

Expérimentons, nous-mêmes, expérimentons, humblement, joyeusement et sans arrogance. Que l’échec soit notre professeur, pas notre censeur. Cent fois sur le métier remettons notre ouvrage. Scrutons nos éprouvettes minuscules ou nos alambics énormes afin de progresser concrètement dans notre recherche d’une meilleure société humaine. Car c’est du minuscule au cosmique que ce travail nous entrainera et entraine déjà ceux qui s’y confrontent. Comme les poètes qui savent qu’il faut, tantôt écrire une ode à la tomate ou à la soupe de congre, tantôt écrire Les Châtiments.  Sauver une herbe médicinale en Amazonie, garantir aux femmes la liberté, l’égalité, la vie souvent.

Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. Ils en sont encore aux tout premiers chapitres d’une longue et fabuleuse épopée dont ils seront, non pas les rouages muets, mais au contraire, les inévitables auteurs.

Il faut qu’ils sachent que, ô merveille, ils ont une œuvre, faite de mille œuvres, à accomplir, ensemble, avec leurs enfants et les enfants de leurs enfants.

Disons-le, haut et fort, car, beaucoup d’entre eux ont entendu le contraire, et je crois, moi, que cela les désespère.

Quel plus riche héritage pouvons-nous léguer à nos enfants que la joie de savoir que la genèse n’est pas encore terminée et qu’elle leur appartient.”

 

Les voeux d’épopée d’Ariane MNOUCHKINE, publiés en 2014 sur Mediapart.